Comment soulager la BPCO pour retrouver son souffle? Les solutions

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La BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive est une affection chronique des voies respiratoires. Cette maladie affecte plus particulièrement les fumeurs. La BPCO s’avère être la cinquième cause de mortalité dans le monde. Elle touche environ 9 % des hommes et 4 % des femmes âgés de plus de 65 ans en France. Cependant, en raison de la constante augmentation du nombre de fumeuses, la BPCO concerne de plus en plus la gent féminine. Il convient ainsi de se pencher sur le sujet afin de déterminer les signes cliniques, les conséquences, ainsi que les solutions possibles face à la BPCO.

Comment soulager la BPCO pour retrouver son souffle? Les solutions

BPCO, c’est quoi ?

Une maladie chronique inflammatoire

La BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive est une maladie chronique invalidante. Elle concerne les voies aériennes, notamment les bronches et les alvéoles. Lentement progressive, la BPCO est une maladie chronique inflammatoire potentiellement mortelle. Elle entraîne en effet une inflammation et un œdème, ce qui implique un rétrécissement des bronches. Les épaisses sécrétions des alvéoles bouchent également les voies respiratoires. Ainsi, l’affection se caractérise par une diminution partiellement réversible du débit aérien.

Une maladie évolutive

En l’absence d’une prise en charge adaptée, la BPCO évolue à bas bruit. En effet, cette affection passe inaperçue pendant une période plus ou moins prolongée. Au fur et à mesure qu’elle évolue, la bronchopneumopathie chronique obstructive entraîne certaines lésions majeures. Toutefois, un dépistage simple et précoce peut souvent aider à prévenir les troubles causés par la maladie.

BPCO : quels sont les symptômes ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive se développe de façon insidieuse. De plus, les personnes atteintes ne prêtent souvent pas attention aux premiers signes. Ainsi, la maladie passe longtemps inaperçue. La toux chronique, l’expectoration et la dyspnée sont les premiers symptômes typiques de la BPCO. Dès l’apparition de ces signes, il convient de consulter un professionnel avant que l’état ne s’aggrave.

Toux chronique : provoquée par l’irritation des bronches

Les patients atteints de la BPCO toussent surtout le matin. Généralement, ils sont habitués à cette toux et n’en sont plus dérangés. Toutefois, lorsque les personnes affectées par la BPCO consultent un médecin à cause d’une infection des voies respiratoires ou d’un refroidissement de ces voies, leur cas semble déjà critique et il est souvent trop tard.

Expectorations : des crachats dus à la production de mucus

Les bronches malades ont tendance à produire davantage de mucus par rapport aux bronches saines. Lorsque le patient inhale des substances nocives durant de nombreuses années, cela paralyse et détruit les cils vibratiles de ses voies respiratoires. Ainsi, ces cils ne sont plus en mesure d’acheminer le mucus hors des poumons. De ce fait, le mucus visqueux devra être expectoré par la toux.

Dyspnée : un essoufflement dû à une perte d’élasticité

La dyspnée est la conséquence la plus grave de la BPCO. Elle résulte du rétrécissement des voies respiratoires. En effet, le mucus visqueux ainsi que l’inflammation chronique rétrécissent les voies aériennes. Les patients ont alors l’impression de “respirer à travers une paille”.

Par conséquent, les personnes atteintes résistent moins à l’effort. Tout d’abord, elles n’éprouveront la dyspnée que lorsque les efforts sont assez importants. Lorsque la maladie évolue, les patients peuvent même être essoufflés au repos. D’autre part, la maladie altère également le transport de l’oxygène via l’air inspiré vers le sang. On parle alors d’emphysème pulmonaire (une hyperinflation pathologique des poumons accompagnée d’une destruction du tissu pulmonaire).

Souvent, les patients ont tendance à sous-estimer ces symptômes. De plus, ces signes apparaissent de façon progressive et s’aggravent avec le temps. Ainsi, les personnes affectées par la BPCO ont de plus en plus de mal à réaliser les tâches les plus simples au quotidien. De plus, l’activité physique décroit de façon importante à cause des dyspnées causées par la maladie.

Par ailleurs, des exacerbations, soit des épisodes d’aggravation des toux, expectorations et dyspnées, ponctuent cette dégradation. Ces exacerbations nécessitent parfois des consultations non programmées, voire une hospitalisation en urgence.

Quelles sont les causes de la BPCO ?

Le tabagisme figure au premier rang des facteurs de risque en matière de bronchopneumopathie chronique obstructive. En effet, le tabac reste le polluant qui endommage le plus les poumons. Le tabagisme constitue ainsi la principale cause de l’apparition de la BPCO, dans 80 % des cas.

Le tabagisme : la première cause de la BPCO

Si l’on compare le cas des individus non-fumeurs à celui des sujets fumeurs, nous pouvons constater :

• Un taux de mortalité globale 1,5 fois plus élevé,

• Un taux de mortalité spécifique 3 fois supérieur, notamment lorsqu’il s’agit du cancer du poumon et des maladies cardiovasculaires.

Le monoxyde de carbone, ayant une affinité pour l’hémoglobine plus grande que l’oxygène, induit les effets toxiques du tabagisme chronique. D’autre part, les produits irritants figurent également parmi les facteurs de risque de la BPCO. En effet, ces produits engendrent des lésions inflammatoires chroniques des voies respiratoires. A cela s’ajoutent également les cancérigènes.

Tabagisme et fonction pulmonaire

Il faut noter que la fonction pulmonaire se détériore avec l’âge. Toutefois, cette diminution se fait plus rapidement chez les fumeurs persistants. On constate également que le déclin de la fonction respiratoire est ralenti lorsque le patient arrête de fumer.

Comment diagnostiquer la BPCO ?

Il faut noter avant tout que le diagnostic de la bronchopneumopathie chronique obstructive se fait selon l’ampleur des symptômes. Ainsi, quatre stades de classement de la maladie, allant de 0 à 3, ont été mis en place. Ces niveaux permettent de définir un traitement adapté. L’examen clé du diagnostic est l’exploration fonctionnelle respiratoire, qui consiste à mesurer le souffle à travers un spiromètre. Les facteurs déterminant le degré de gravité de la BPCO sont :

• le VEMS ou volume d’air expiratoire maximal en une seconde, et

• Le VEMS/CV ou volume d’air expiratoire maximal en une seconde par rapport à la capacité vitale.

Stade 0 ou stade à risque

Au stade 0, les symptômes chroniques tels que la toux chronique et les crachats peuvent être présents. À ce niveau, l’exploration fonctionnelle respiratoire est normale. Ainsi, aucun traitement n’est nécessaire.

Stade 1 ou stade peu sévère ou encore stade débutant

Les patients présentent des signes chroniques dont les toux et les expectorations. À ce stade, le rapport VEMS/CV est inférieur à 70 %. Le VEMS, quant à lui, est supérieur ou égal à 80 %. Un traitement à base de bronchodilatateurs de courte durée d’action est préconisé pour les patients atteints de la BPCO au stade 1.

Stade 2 ou stade modéré (stade moyennement sévère)

Toux, expectorations, dyspnée… tous les symptômes chroniques sont présents à ce stade. A ce niveau, le VEMS/CV est inférieur à 70 % tandis que le VEMS est compris entre 30 % et 80 %. Des bronchodilatateurs de longue durée d’action viennent compléter le traitement aux bronchodilatateurs de courte durée d’action. Une réhabilitation par kinésithérapie est également mise en place. Lorsque le malade présente des symptômes chroniques ou si son VEMS est inférieur à 50 %, le médecin peut prescrire une corticothérapie inhalée. Cette solution est également privilégiée lorsque la BPCO occasionne de fréquentes infections nécessitant la prise de corticoïdes oraux et une antibiothérapie.

Stade 3 ou stade sévère

À ce stade, le rapport VEMS/CV est inférieur à 70 %. Le VEMS est inférieur à 30 %. En cas :

• d’hypoxémie (diminution de la quantité d’oxygène transportée par le sang) ou

• d’autres signes cliniques d’HAT (hypertension artérielle pulmonaire).

La BPCO peut être de stade 3, et ce, en dépit d’un VEMS compris entre 30 et 50 %.

Ainsi, le médecin prescrira des bronchodilatateurs de longue et de courte durée d’action. Une réhabilitation par kinésithérapie sera également mise en place. Le traitement associera également une corticothérapie et une oxygénothérapie prolongée en raison d’une insuffisance respiratoire.

Quid des conséquences et évolutions de la BPCO ?

La BPCO ou bronchopneumopathie chronique obstructive est une maladie entrainant de multiples complications. En effet, elle peut avoir un impact sur les fonctions respiratoires, cardiovasculaires, musculaires, neurologiques, etc. La bronchopneumopathie chronique obstructive est responsable de nombreuses complications, notamment :

L’essoufflement et l’emphysème

Comme la fonction pulmonaire est altérée, les muscles de la cage thoracique doivent fournir un effort supplémentaire combler cette déficience. L’élasticité des poumons et le diamètre des bronches diminuent. Ainsi, l’effort pour vider l’air présent dans les poumons devient une tâche pénible.

Lors d’une BPCO sévère, il y a des risques d’emphysème. Les alvéoles pulmonaires se dilatent et leur paroi élastique est détruite, ce qui leur empêche de se vider complètement à l’expiration. Il faut également noter que l’essoufflement peut être dû au déconditionnement physique. En effet, lorsque le patient diminue ses activités physiques, cela peut aggraver l’essoufflement.

Gonflement des jambes

L’altération des vaisseaux entourant les bronches entraîne une gêne au niveau de la circulation sanguine. Il s’ensuit alors une surpression ainsi qu’une diminution du tonus cardiaque. Voilà pourquoi les patients atteints de la BPCO peuvent être sujets à une accumulation du sang au niveau des jambes.

Une infection respiratoire chronique et des exacerbations

L’exposition aux irritants bronchiques tels que le tabac entraîne une diminution des défenses immunitaires. Cette déficience immunitaire altère le “tapis mucociliaire” qui nettoie les bronches. Le patient est ainsi plus enclin à une infection respiratoire. Au fur et à mesure que la BPCO évolue, les signes cliniques (toux, essoufflement, fièvre, crachat purulent…) peuvent augmenter à cause de cette infection : on parle alors d’exacerbations.

Une insomnie

Les patients atteints de la BPCO sont plus sujets à l’apnée du sommeil, un arrêt fréquent de la respiration qui peut altérer la qualité du sommeil et causer des réveils nocturnes. Certains traitements médicamenteux entraînent également une insomnie.

Une insuffisance respiratoire

L’insuffisance respiratoire reste la complication majeure de la BPCO. Elle se traduit notamment par une diminution des capacités des poumons à acheminer l’oxygène vers les organes.

Insuffisance respiratoire chronique

Dans ce cas, le patient est sujet à une hypoxémie. En effet, le taux d’oxygène dans le sang est inférieur à la normale. Afin de compenser ce manque d’oxygène, le cœur fournit un travail supplémentaire et la respiration s’accélère. L’insuffisance respiratoire chronique entraîne ainsi une dilatation des cavités cardiaques droites, un phénomène communément appelé “cœur pulmonaire chronique”.

Insuffisance respiratoire aiguë

Également appelée détresse respiratoire, l’insuffisance respiratoire aiguë est une urgence vitale. Le battement cardiaque excessif et l’essoufflement s’accompagnent de troubles de la conscience. Dans les cas les plus graves, le patient peut même tomber dans le coma. Avec l’exacerbation, le patient souffre d’un manque brutal d’oxygène. Dans ce cas, le malade devrait être intubé et ventilé jusqu’à ce que son état s’améliore.

BPCO : quelles solutions pour y remédier ?

La BPCO est une maladie chronique qui nécessite une prise en charge particulière. Ainsi, le médecin peut prescrire des traitements médicamenteux afin d’atténuer ou soigner les symptômes. D’autre part, il existe également des solutions non médicamenteuses qui visent à améliorer la qualité de vie du patient.

Les traitements médicamenteux

Selon le diagnostic de la BPCO, le médecin peut prescrire des traitements médicamenteux, notamment :

• Les bronchodilatateurs

Les bronchodilatateurs sont les traitements pharmacologiques de référence en mesure de soigner une BPCO. Il s’agit notamment des anticholinergiques de courte et de longue durée d’action ainsi que des β-2-agonistes. Il faut toutefois souligner que l’efficacité du traitement repose sur la qualité de la technique d’inhalation ainsi que celle de l’observance.

• Les associations de corticoïdes et de bronchodilatateurs

En cas de persistance des symptômes, le médecin peut envisager une association thérapeutique. Ainsi, il faudrait prescrire deux bronchodilatateurs de longue durée d’action soit :

• Un anticholinergique de longue durée d’action, et

• Un β-2-agoniste de longue durée d’action.

Cette alternative est privilégiée lorsque la dyspnée, seule ou associée à des exacerbations, apparait comme étant le premier symptôme. Lorsqu’il y a une persistance d’exacerbations fréquentes, le médecin échangera cette bithérapie. En effet, dans ce cas, on optera pour une association d’un β-2-agoniste de longue durée d’action et d’un corticostéroïde inhalé.

• La théophylline

La prescription de la théophylline n’est souvent pas recommandée. Toutefois, lorsque le patient souffre d’une dyspnée persistante malgré les bronchodilatateurs, l’administration d’une théophylline est préconisée. La marge thérapeutique de la théophylline reste étroite. De plus, des risques d’interactions médicamenteuses peuvent se présenter. Ainsi, lors d’un traitement à la théophylline, une surveillance régulière de la théophyllinémie est impérative.

• Les traitements non recommandés

Il faut toutefois souligner que certains traitements sont contre-indiqués lors de la prise en charge d’une BPCO. Il s’agit entre autres des :

• Corticoïdes oraux au long cours,

• Corticoïdes inhalés pris isolément,

• Antileucotriènes,

• Antitussifs dont les antitussifs opiacés,

• Agents mucolytiques…

Les solutions alternatives non médicamenteuses

À part les traitements pharmacologiques, des solutions non médicamenteuses constituent également une excellente alternative dans la prise en charge de la BPCO. Il s’agit entre autres de :

• Arrêt du tabac

Chez le fumeur sujet à une BPCO, l’arrêt du tabac reste le principal traitement susceptible de ralentir le déclin du VEMS. En d’autres termes, l’arrêt du tabac est le facteur principal qui peut aider à diminuer l’essoufflement du patient. Ainsi, le médecin effectuera une évaluation de la dépendance de la personne et la guidera tout au long du sevrage.

• Réhabilitation respiratoire

La réhabilitation respiratoire figure parmi les principales composantes des traitements non médicamenteux de la BPCO. Cette solution vise à améliorer l’endurance à l’effort et va également diminuer l’essoufflement. De plus, cette alternative réduit les risques d’hospitalisation pour exacerbation. Ainsi, la réhabilitation respiratoire améliore la qualité de vie de la personne atteinte.

• Traitement des symptômes via un programme multidisciplinaire.

Afin de diminuer les symptômes, il est recommandé de commencer par un programme de réhabilitation d’au moins 12 séances, sur une période allant de 6 à 12 semaines. Cette solution intègre un réentraînement à l’effort, des exercices de musculation, de l’éducation thérapeutique et de la gymnastique médicale. Afin de préserver les bénéfices de cette solution, il vaut mieux pratiquer une activité physique régulière, à raison de trois à cinq fois par semaine, pendant au moins 30 minutes.

• Diminution de l’exposition aux facteurs aggravants

Les infections respiratoires et la pollution risquent d’aggraver les symptômes. Ainsi, le patient devra éviter d’entrer en contact avec les personnes atteintes d’une infection respiratoire, dont une grippe ou un rhume. En cas de contact avec ces personnes, il faut penser à se laver les mains. Se faire vacciner contre la grippe chaque automne est également conseillé. Une vaccination contre la pneumonie à pneumocoques peut aussi être envisagée. D’autre part, afin d’éviter l’exposition aux polluants intérieurs, le patient doit aérer régulièrement son domicile.

• Éducation thérapeutique

L’éducation thérapeutique reste un enjeu clé dans la prise en charge de la bronchopneumopathie chronique obstructive. Ainsi, elle s’inscrit dans le parcours de soins des patients. Cette alternative vise à faciliter l’adhésion aux traitements prescrits et à améliorer la qualité de vie des personnes atteintes de la BPCO.

En fonction des besoins éducatifs du patient, l’éducation thérapeutique peut être proposée dès l’annonce du diagnostic ou à un autre moment d’évolution. Cette solution a pour objectif principal d’offrir aux patients les compétences pour :

• Gérer la maladie,

• Réaliser eux-mêmes les gestes liés aux soins thérapeutiques,

• Prévenir les complications évitables,

• Pouvoir s’adapter à leur situation.

Conclusion

La BPCO est une maladie chronique qui entraîne l’obstruction de la circulation de l’air dans les poumons. De nombreux facteurs favorisent la bronchopneumopathie chronique obstructive, à savoir le tabagisme, le tabagisme passif, la pollution de l’air, les antécédents d’infection pulmonaire, l’hérédité et la consommation de cannabis.

Les signes cliniques les plus fréquents de la BPCO sont une toux persistante, des crachats, des essoufflements et des infections broncho-pulmonaires. En l’absence d’un traitement adéquat, la BPCO évolue vers une insuffisance respiratoire chronique. Les traitements, médicamenteux ou non, améliorent la fonction respiratoire, diminuent la dyspnée et les risques d’infection et d’insuffisance cardiaque. Les chercheurs n’ont pas encore découvert un traitement définitif pour soigner la BPCO. Toutefois, une prise en charge efficace ralentit l’évolution de la maladie et peut même inverser certains symptômes.

L’arrêt définitif du tabac reste le traitement de fond conseillé pour les patients souffrant de la BPCO. Patchs et chewing-gums à la nicotine, psychothérapie de groupe, auriculothérapie, acupuncture… de nombreux moyens peuvent être adoptés pour atteindre cet objectif. Selon le cas et l’évolution de la maladie, des antibiotiques au long cours, des anticholinergiques en inhalation, des bronchodilatateurs, des anticoagulants et des asséchants ou des fluidifiants bronchiques peuvent être prescrits. Dans certains cas, on peut même envisager la transplantation pulmonaire.

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